La place de la Sainte Fatima Massouma au sein de la Famille prophétique illustre la profonde union entre l’autorité spirituelle (wilāya) et la sainteté, transformant Qom en un havre de paix pour les fidèles de l’Ahl al-Bayt. Les traditions rapportées montrent que la mémoire et la dignité de la Sainte Massouma sont indissociablement liées au nom du Maître des pieux (l’Imam Ali) et à la vertu de ses partisans chiites.
Date et lieu de naissance
La Sainte Fatima Massouma (que la paix soit sur elle), fille vénérée de l’Imam Moussa al-Kāẓim (que la paix soit sur lui) et sœur de l’Imam Ali ar-Riḍhâ (que la paix soit sur lui), vit le jour dans la ville de Médine le premier jour du mois de Dhū al-Qa‘da de l’an 173 de l’Hégire (correspondant approximativement au 21 mars 790 de l’ère chrétienne).
L’Imam Moussa al-Kāẓim (que la paix soit sur lui) eut trente-sept enfants. Parmi eux, l’Imam ar-Riḍhâ et sa sœur la Sainte Massouma (que la paix soit sur elles deux) naquirent d’une même mère, Nadjma (également appelée Tuktem ou Umm al-Banīn ou Ourwâ) [1][2].
La wilāya du prince des Croyants (que la paix soit sur lui) et la délivrance de ses chiites
La Sainte Fatima Massouma (que la paix soit sur elle), fille de l’Imam Moussa al-Kāẓim (que la paix soit sur lui), rapporte d’après ses mères, toutes d’ascendance pure – Fatima fille de l’Imam Jafar aṣ-Ṣadiq, Fatima fille de l’Imam Muhammad al-Baqir, Fatima fille de l’Imam Ali Zayn al-‘Ābidīn, Fatima fille de l’Imam al-Ḥousain, et Umm Kulthūm fille du prince des Croyants – lesquelles tiennent elles-mêmes de Fatima az-Zahra (que la paix soit sur elle) que celle-ci a dit :
« J’ai entendu le Prophète de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) dire : “Lorsqu’on m’éleva vers les cieux et que j’entrai au Paradis, je vis soudain un palais fait d’une seule perle blanche et creuse. Ce palais avait une porte ornée de perles et de rubis, devant laquelle pendait un rideau. Je levai la tête : au-dessus de la porte était écrit : « Nulle divinité si ce n’est Dieu, Muhammad est l’Envoyé de Dieu, et Ali est le représentant (walī) et le maître des hommes. »
Sur le rideau était inscrit : « Béni soit-il ! Qui pourrait ressembler aux chiites de Ali ? »
J’entrai dans ce palais. J’y vis un autre palais, fait de cornaline rouge et creux, avec une porte en argent ornée de chrysolithe verte, et un rideau également. Je regardai : sur la porte était écrit : « Muhammad est l’Envoyé de Dieu, et Ali est son légataire (waṣī) élu. »
Sur le rideau, il était écrit : « Bonne annonce aux chiites de Ali : pureté et naissance légitime ! »
Je poursuivis mon chemin et entrai dans un palais de chrysolithe verte et creux, plus beau que tout ce que je n’avais jamais vu. Il avait une porte en rubis rouge parée de perles, et un rideau également. Je levai la tête : sur le rideau était écrit : « Les chiites de Ali sont les sauvés et les triomphants ! »
Je demandai : « Ô Jibril, à qui appartiennent ces palais ? »
Il répondit : « Ô Muhammad ! Tout ceci est pour ton cousin et ton légataire, Ali ibn Abû Taleb. Au Jour de la Résurrection, les gens seront rassemblés pieds nus et nus (non vêtus), à l’exception des chiites de Ali. De plus, ce jour-là, les gens seront appelés par le nom de leur mère, sauf les chiites de Ali qui seront appelés par le nom de leur père. »
Je dis : « Jibril, pourquoi cela ? »
Il répondit : « Parce qu’ils aiment Ali, que leur naissance est pure et qu’ils sont issus d’une union légitime. » [3]
Prédiction du lieu de sépulture par le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui)
Des récits émanant des Imams infaillibles (que la paix soit sur eux) indiquent que le lieu de sépulture de Sainte Fatima Massouma à Qom avait été prédit de nombreuses années auparavant. Ces traditions sont rapportées aussi bien d’après le Prince des Croyants (Ali) que d’après l’Imam Jafar aṣ-Ṣadiq (que la paix soit sur lui) et l’Imam Ali ar-Riḍhâ (que la paix soit sur lui).
Abū Abdallah al-Faqīh al-Hamadānī rapporte dans son livre Al-Buldān qu’Abū Moussa al-Ash‘arī demanda au Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) : « Quelle est la ville la plus sûre et le meilleur endroit au moment où surviennent les troubles et la guerre ? »
L’Imam répondit : « Les lieux les plus sûrs en de telles périodes sont la terre de Jabal (Qom). Lorsque la situation du Khorassan deviendra troublée, que la guerre éclatera entre les habitants de Gorgān et du Māzandarān, et que le Sistān sera dévasté, les lieux les plus sûrs en ce temps-là seront les quartiers de Qom. C’est une ville d’où sortiront les partisans (de l’Imam al-Mahdi – que Dieu hâte son avènement) et les meilleures gens. Cette cité est le lieu où posa le pied Jibril. C’est un endroit d’où jaillit une eau : quiconque en boira sera protégé de toute maladie. » [4]
Sources
[1] Biḥār al-Anwār, ‘Allāma al-Majlisī, vol. 101, p. 121.
[2] Wafayāt al-A’imma, p. 313.
[3] Biḥār al-Anwār, vol. 65, p. 79 ; Al-Musalsalāt, p. 241.
[4] Biḥār al-Anwār, vol. 57, p. 217 ; Safīnat al-Biḥār, vol. 7, p. 359.