Durant les dernières années de sa vie bénie, l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) insista plus que jamais sur l’amour et l’autorité spirituelle (wilāya) du Prince des Croyants, Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui). Ces paroles lumineuses, prononcées dans la période difficile de la répression abbasside et proche de son martyre, montrent que l’Imam as-Sadiq fit du message fondamental qu’il transmettait la continuation de cette même vérité dont le Prince des Croyants est le pivot.
Date et lieu du martyre
L’Imam Jafar as-Sadiq (que la paix soit sur lui), fondateur de l’école juridique jafarite et sixième Imam des chiites, revitalisa l’école chiite durant sa période d’imamat. Il fut empoisonné et martyrisé par le calife abbasside Abū Jafar al-Manṣūr le 25 du mois de Shawwāl de l’an 148 de l’Hégire (correspondant approximativement à décembre 765 de l’ère chrétienne), à l’âge de soixante-cinq ans. Son corps pur fut inhumé au cimetière de Baqī‘, aux côtés de la tombe de son vénérable père (l’Imam Muhammad al-Baqir) [1][2].
Mouvement scientifique et actions de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui)
Profitant d’une conjoncture politique favorable et de l’urgent besoin de la société, l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) poursuivit le mouvement scientifique et culturel initié par son père. Il forma de grands disciples dans diverses disciplines scientifiques et traditionnelles. Il compta plus de quatre mille étudiants, et parvint à développer la jurisprudence (fiqh) et la théologie (kalām) chiites ainsi que les enseignements du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui), tout en en clarifiant les principes et les fondements.
La dignité du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) dans les paroles de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui)
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui), commentant les versets divins, expose la dignité incomparable du Maître des pieux (l’Imam Ali) au Jour de la Résurrection.
Il est rapporté que Yunus ibn ‘Abd ar-Raḥmān a transmis qu’Abū Yacoub dit : Je récitai ce verset devant l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) :
« Puis, lorsqu’ils le verront de près, les visages de ceux qui ont mécru seront assombris, et l’on dira : « Voilà ce que vous réclamiez avec insistance. » » (Sourate al-Mulk, 67:27)
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) dit alors :
« Lorsque, au Jour de la Résurrection, Untel et Untel verront le rang et la dignité du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui), et lorsque Dieu Très-Haut remettra l’étendard de la louange au noble Prophète (paix sur lui et sur sa sainte famille) – sous lequel se trouveront tous les anges rapprochés et tous les prophètes de Dieu –, celui-ci confiera cet étendard à Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui).
À ce moment-là, les visages des mécréants deviendront noirs et bouleversés par l’intense chagrin et la honte, et l’on dira : « Voilà ce que vous réclamiez avec insistance », c’est-à-dire ce rang que vous souhaitiez revendiquer pour être appelés par ce titre, vous qui prétendiez au titre de « Prince des Croyants ». » [3]
La wilāya (autorité) du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui)
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui), à une époque où les tempêtes politiques et les déviations intellectuelles avaient envahi la société islamique, brandit l’étendard de l’autorité spirituelle (wilāya) et, par le langage de la science et de la connaissance, rappela le droit du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui). Il déclara : « Celui qui aime le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) et accepte son autorité spirituelle (wilāya) aura le visage illuminé au Jour de la Résurrection, et ses péchés lui seront pardonnés. » [4]
La véritable grâce dans les paroles de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui)
L’Imam Jafar as-Sadiq (que la paix soit sur lui), dans un ensemble de ses discours, présente la véritable grâce non pas dans les apparences matérielles de la vie, mais dans l’amour et l’autorité spirituelle (wilāya) du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui).
Sadīr rapporte : « J’étais auprès de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) lorsqu’il me dit : « Ô Sadīr ! Ne demande pas au sujet de la nourriture délicieuse, du vêtement doux et du parfum agréable. Ces choses ont été créées pour nous, et non pas nous pour elles. (C’est-à-dire que ces bienfaits sont à notre service, non le but de notre vie.) Et nous devons utiliser ces bienfaits dans l’obéissance à Dieu. » Je dis : « Que mes parents soient votre rançon, ô fils du Prophète de Dieu ! Quelle est donc la véritable grâce ? » »
L’Imam répondit : « La véritable grâce est l’amour du Prince des Croyants, Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui), et de sa famille. Dieu Très-Haut demandera aux Servants au Jour de la Résurrection : « Quand Je vous ai gratifiés de l’amour de Ali et de sa famille, comment avez-vous acquitté la reconnaissance pour cette grâce ? » » [5]
Cette parole exprime non seulement une vérité doctrinale, mais aussi la continuité de la voie du noble Prophète (paix sur lui et sur sa sainte famille) et la manifestation de l’esprit du monothéisme (tawḥīd) sous la forme de l’autorité spirituelle (wilāya).
Obéissance et accompagnement du Maître des pieux
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) déclare au sujet de l’absence de châtiment pour les amoureux du Maître des pieux : « Soyez les auxiliaires et les compagnons de l’appel du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui). Vivez en paix avec ceux qui l’aiment et combattez ses ennemis. Car Ali a appelé à la guidance, a marché sur le chemin de Dieu, le Prophète l’aimait, et Dieu aussi l’aimait. Or, celui que Dieu aime, Il ne le châtie pas. » [6]
Maître du Paradis et de l’Enfer au Jour de la Résurrection
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) énonça une vérité étonnante : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, on dressera une estrade élevée que toutes les créatures verront. Un homme y montera. À sa droite se tiendra un ange, et à sa gauche un autre ange.
L’ange qui se tient à sa droite proclamera : « Ô serviteurs de Dieu ! Voyez-ci : c’est Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui) ! Il est le maître du Paradis suprême. Par la permission du Seigneur, il fera entrer au Paradis quiconque il voudra. »
Et l’autre ange, qui se tient à sa gauche, proclamera : « Ô serviteurs de Dieu ! Sachez-le : c’est Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui) ! Il est également le maître de l’Enfer. Par la permission du Seigneur, il fera entrer en Enfer quiconque il voudra. » » [7]
Qui sont ceux qui ne sortiront jamais du Feu ?
Dans la perspective de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui), les ennemis du Maître des pieux sont éternels en Enfer. Manṣūr ibn Ḥāzim rapporte qu’il dit à l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) : « Existe-t-il des gens qui (après être entrés en Enfer) n’en sortiront jamais ? »
L’Imam répondit : « Oui, les ennemis du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui). Ceux-là demeureront dans le feu de l’Enfer pour l’éternité. » [8]
Le châtiment de l’ennemi du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui)
L’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) dit au sujet des ennemis du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) : « Si l’ennemi du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) passait près de l’Euphrate – alors que cette grâce de Dieu coulerait abondamment et sans mesure –, qu’il en boive, qu’il dise « Bismillāh » (Au nom de Dieu) au début et « Al-ḥamdulillāh » (Louange à Dieu) après avoir bu, cela reviendrait au même que s’il avait mangé de la chair d’une bête morte, ou du sang versé, ou de la viande de porc. » [9]
Ainsi, en rappelant la dignité incomparable du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) – depuis l’autorité sur le Paradis et l’Enfer jusqu’à l’illumination du visage des chiites –, l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) a clarifié pour tous le chemin du salut. Les paroles de l’Imam as-Sadiq (que la paix soit sur lui) à l’aube de son martyre constituent un testament doctrinal pour les générations : quiconque préserve l’autorité spirituelle (wilāya) du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) sera guidé en ce monde et sauvé dans l’au-delà.
Sources
[1] Mufīd, Muhammad ibn Muhammad, Al-Irshād, vol. 2, p. 180.
[2] Majlisī, Muhammad Bāqir, Biḥār al-Anwār, vol. 47, p. 1.
[3] Al-Yaqīn bi-Ikhtiṣāṣ Mawlānā Ali (ʿalayhi s-salām) bi-Imrat al-Muʾminīn, vol. 1, p. 182.
[4] Mustadrak al-Wasāʾil, vol. 16, p. 25.
[5] Biḥār al-Anwār, vol. 100, p. 330.
[6] Biḥār al-Anwār, vol. 39, p. 201.
[7] Baṣāʾir al-Darajāt, vol. 8, ch. 18 / ʿIlal al-Sharāʾiʿ, vol. 1, p. 164.
[8] Tafsīr al-‘Ayyāshī, vol. 1, p. 317.
[9] Al-Kāfī, vol. 8, p. 161.