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La bravoure du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) lors de la bataille du Fossé (al-Khandaq)

La bataille du Fossé, également connue sous le nom de bataille des Coalitions (Ghazwat al-Aḥzab), fut l'une des expéditions militaires du Prophète (paix sur lui et sur sa sainte famille) contre les associateurs (mushrikūn) et les coalitions hostiles, notamment les tribus juives, en l'an 5 de l'Hégire (626-627 EC).

La tribu des Banou al-Naḍhir, après avoir été exilée de son territoire en raison de sa trahison, se rendit à Khaybar et incita les autres communautés juives à combattre le Prophète de l’Islam – ceci étant rapporté comme l’un des facteurs principaux de la bataille du Fossé. Ils poussèrent ensuite les associateurs de La Mecque à se joindre à la guerre contre le Prophète, Sceau des prophètes [sur lui la bénédiction et la paix].

 

La consultation du Prophète, Sceau des prophètes

Durant cette bataille, toutes les forces des associateurs et des tribus juives hostiles à l’Islam mobilisèrent leurs moyens pour anéantir le Prophète de l’Islam et les musulmans. En réaction, les musulmans, suivant la proposition de Salman al-Farsi, creusèrent un fossé autour de Médine – une tactique alors inconnue des Arabes, ce qui étonna autant les musulmans que les associateurs.

L’Envoyé de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) consulta les gens sur la manière de faire face aux associateurs. Il entendit diverses propositions : rester dans la ville, défendre les hauteurs, sortir de la ville pour un combat frontal. Finalement, il choisit la suggestion de Salman de creuser un fossé autour de Médine, afin que le combat se limite à certains secteurs et que l’ennemi ne puisse pénétrer dans la ville par les points vulnérables [1].

Grâce à cette tactique militaire, associée au secours divin invisible, la conspiration des associateurs et des juifs s’acheva par leur cuisante défaite, sans même qu’un affrontement majeur n’ait lieu – non seulement cela leur ôta toute possibilité de se réorganiser et de relancer une campagne, mais cela renforça encore l’autorité de l’État islamique de Médine.

La révélation de versets

Il fut décidé de creuser un fossé depuis Uhud jusqu’à Rātij. L’Envoyé de Dieu participa lui-même à cette tâche pour encourager les musulmans.

Jabir ibn Abdallah an-Ansārī rapporte : « Au moment du creusement du Fossé, j’étais auprès de l’Envoyé de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) tandis que les gens et le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) creusaient le fossé. Le Prophète dit au Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) : « Que mon père soit sacrifié pour celui qui creuse le fossé ! Gabriel balaye la terre devant lui et Michel lui porte secours – alors qu’avant lui, Il (Dieu) n’avait porté secours à personne. »

Puis l’Envoyé de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) dit à ‘Uthman ibn ‘Affān : « Creuse ! » ‘Uthman se fâcha et dit : « Muhammad ne se contente pas que nous ayons embrassé l’Islam par sa main, il nous ordonne encore la difficulté et la peine ! »

C’est alors que Dieu révéla à Son Prophète ce verset :

« Ils te rappellent leur faveur de s’être soumis (avoir embrassé l’Islam). Dis : ‘Ne me rappelez pas votre soumission comme une faveur. C’est plutôt Dieu qui vous rappelle Sa faveur en vous ayant guidés vers la foi, si vous êtes sincères.' » (Sourate al-Ḥujurāt, 49:17) » [2]

Le défi d’Ibn ‘Abd Wudd

‘Amr ibn ‘Abd Wudd était un vieillard dont la bravoure était proverbiale. Il traversa le fossé avec un certain nombre de siens et demanda un adversaire pour un duel. Mais les musulmans restèrent silencieux, saisis de peur [3].

‘Amr lança son défi à trois reprises. À chaque fois, nul ne répondit positivement sauf le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui).

Lorsque le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) s’apprêta à aller affronter ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, le Prophète (paix sur lui et sur sa sainte famille) lui dit : « Ô Ali, viens près de moi. » Il ôta alors son long turban, l’enroula neuf fois autour de la tête bénie du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui), lui remit son épée et dit : « Va au combat. » [4]

Il implora Dieu de lui accorder l’assistance en ces termes : « Allāhumma a‘inhu ‘alayhi – Ô Dieu, secours-le contre lui ! » [5]

Lorsque le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui), avec la permission du Prophète Sceau des prophètes, partit l’affronter, il tua ‘Amr, et deux autres hommes parmi les compagnons de ‘Amr furent également tués.

La peur d’Ibn ‘Abd Wudd face au Maître des pieux (que la paix soit sur lui)

Ibn Abou l-Ḥadīd rapporte l’affrontement entre le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) et ‘Amr ibn ‘Abd Wudd lors de la bataille du Fossé en ces termes :

« ‘Amr était un homme âgé qui avait dépassé les quatre-vingts ans. À l’époque de l’ignorance préislamique (Jāhiliyya), il était l’ami d’Abū Taleb. Il dit : « Qui es-tu ? »

Le Prince des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) déclina son ascendance en ces termes : « Je suis le fils d’Abū Taleb ! »

‘Amr répondit : « En effet, ton père fut mon compagnon et mon ami. Retourne (sur tes pas), car je ne souhaite pas te tuer. » »

Ibn Abī l-Ḥadīd rapporte ensuite : « Notre maître Abū l-Khayr Muṣaddaq ibn Shubayb le grammairien disait, chaque fois que nous arrivions à la lecture de ce passage : « Par Dieu ! Ce n’est pas pour préserver la vie de Ali que ‘Amr lui demanda de rebrousser chemin, mais bien parce qu’il eut peur de lui. Car il savait quelles personnes Ali avait tuées à Badr et à Uhud. Il comprit que s’il combattait contre lui, il serait tué. Aussi, honteux d’avouer son impuissance, il feignit de ne pas vouloir le tuer par compassion pour lui. En cela, il était assurément un grand menteur. » » [6]

La mort d’Ibn ‘Abd Wudd

Lorsque le Prince des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) tua ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, il se tint au bord du fossé, nettoyant le sang de son épée et la faisant tournoyer dans l’air, tout en récitant le verset 101 de la sourate al-Mu’minūn :

 

« Puis, lorsque l’on soufflera dans le Trompe (Corne), il n’y aura plus entre eux de liens de parenté. » (Sourate 23, al-Mu’minūn : 101)

Ensuite, les associateurs (mushrikūn) se divisèrent en dix-sept fractions, et le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) les moissonna chacune comme du blé, sans qu’ils puissent bouger de leur place. [7]

Le comportement chevaleresque du Maître des pieux (que la paix soit sur lui)

‘Umar ibn al-Khaṭṭāb dit au Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) : « Pourquoi n’as-tu pas retiré de son cadavre sa cuirasse de grande valeur ? Il n’en existe pas de meilleure chez les Arabes ! »

L’Imam répondit : « Lorsque je l’ai frappé, il a dissimulé sa nudité (sa partie honteuse) avec ce qui lui servait de protection («awra). Et j’eus honte, vis-à-vis du fils de mon cousin, le Prophète de l’Islam, de le dénuder. » [8]

Le rôle du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui)

L’action du Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) dans la mise à mort de ‘Amr fut d’un grand secours pour la victoire de l’Islam et la défaite des mécréants (kuffār) durant cette bataille.

Lors de la bataille du Fossé, au moment où le Prince des Croyants (que la paix soit sur lui) se dirigeait vers le champ de duel contre ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, l’Envoyé de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) déclara : « Toute la foi s’est dressée face à toute l’association (shirk). » [9]

Et lorsque le Prince des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) tua ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, le héros renommé des Arabes, l’Envoyé de Dieu dit : « Le combat de Ali ibn Abī Ṭālib (que la paix soit sur lui) contre ‘Amr ibn ‘Abd Wudd est supérieur à toutes les œuvres de ma communauté (umma) jusqu’au Jour de la Résurrection. » [10]

Le Prince des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) dit à propos de la mise à mort d’Ibn ‘Abd Wudd : « J’ai tué ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, qui valait mille hommes. » [11]

Ibn ‘Abbās rapporte au sujet du duel du Maître des pieux : « Dieu, lors de la bataille du Fossé, épargna aux croyants le combat grâce à ‘Ali ibn Abou Taleb (que la paix soit sur lui), qui tua ‘Amr. » [12]

 

La grandeur du Maître des pieux (que la paix soit sur lui)

Ibn Abī l-Ḥadīd, l’un des savants de l’école sunnite, écrit : « On demanda à Abū l-Hudhayl : « Quelle est la plus haute dignité auprès de Dieu : celle d’Abū Bakr ou celle de Ali ? » Il répondit : « Lorsque Ali se leva pour combattre ‘Amr ibn ‘Abd Wudd le jour du Fossé, cet acte égala en mérite toutes les œuvres et toutes les dévotions de l’ensemble des Émigrants (Muhājirūn) et des Auxiliaires (Ansār) – et il fut même supérieur à leurs œuvres –, alors qu’en dire de l’œuvre d’Abū Bakr seul ? » » [13]

Mention de la bataille du Fossé dans la formule de visite (ziyāra) au Prince des Croyants (que la paix soit sur lui)

« Paix sur toi, ô celui par qui Dieu épargna aux croyants le combat le jour des Coalitions (Aḥzāb) ! »

« Paix sur toi, ô manifestateur des prodiges et des signes ! Paix sur toi, ô Prince des expéditions militaires (ghazawāt) ! »

« Paix sur toi, ô celui dont les charges héroïques dans la mêlée émerveillèrent les anges des cieux ! » [14]

Le secours invisible

Le facteur qui acheva la déroute de l’ennemi et rendit inéluctable le retour des Quraychites fut le déchaînement soudain d’une tempête, qui arracha les tentes et renversa les marmites hors du feu. Ce secours divin invisible, associé au froid glacial, accentua encore leurs difficultés.

Le verset 9 de la sourate al-Ahzab fait allusion à cette tempête :

« Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu envers vous, lorsque des armées vinrent contre vous : alors Nous avons envoyé contre elles un vent (violent)t et des armées que vous ne voyiez pas. » (Sourate 33, al-Aḥzāb : 9)

À ce moment-là, l’Envoyé de Dieu (paix sur lui et sur sa sainte famille) envoya Ḥudhayfa au-delà du fossé pour observer les mouvements nocturnes de l’ennemi. Ḥudhayfa pénétra dans le camp et vit Abū Sufyān s’adressant aux siens en ces termes : « Ô gens de Quraych ! L’endroit où nous nous trouvons n’est pas notre pays. Nos bêtes de somme périssent, le vent et la tempête n’ont laissé intactes ni nos tentes ni nos feux, et les Banū Qurayẓa ont rompu leur pacte avec nous. La seule conduite sage est de partir d’ici. »

Puis il enfourcha son chameau et se mit à le frapper de son fouet, sans savoir que les pattes de sa monture étaient entravées. Ḥudhayfa revint et annonça au Prophète Sceau des prophètes et aux musulmans la bonne nouvelle du repli des associateurs (mushrikūn). [15]

 

Sources :
1- Al-Ansāb, vol. 1, p. 343.

2- Ta’wīl al-Āyāt al-Ẓāhira, vol. 2, p. 607.
3- Tārīkh al-Ṭabarī, vol. 2, p. 574.
4- Ta’wīl al-Āyāt al-Ẓāhira fī Faḍā’il al-‘Itra al-Ṭāhira, vol. 1, p. 443.
5- Al-Maghāzī, vol. 2, p. 471.
6- Biḥār al-Anwār, vol. 39, p. 5 / Sharḥ Nahj al-Balāgha, vol. 19, p. 63.
7- Madīnat Ma’ājiz al-A’imma al-Ithnay ‘Ashar, vol. 1, p. 427.
8- Biḥār al-Anwār, vol. 20, p. 203.
9- Sharḥ Nahj al-Balāgha, vol. 13, p. 261.
10- Mustadrak al-Ḥākim al-Nīsābūrī, vol. 3, p. 32 / Shawāhid al-Tanzīl, vol. 2, p. 15.
11- Al-Khiṣāl, vol. 2, p. 572.
12- Shawāhid al-Tanzīl, vol. 2, p. 10.
13- Sharḥ Nahj al-Balāgha, vol. 19, p. 60.
14- Zād al-Ma’ād, visite (ziyāra) du 17e jour de Rabī’ al-Awwal / Al-Mazār al-Kabīr, vol. 1, p. 205.
15- Al-Maghāzī, vol. 2, p. 292.

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