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Réprimande des compagnons pour leur refus d’aller au combat (jihad)

Dans ce sermon, l’Imam (paix sur lui) rappelle ses appels répétés au jihad et l’indifférence des gens, puis critique leur comportement face aux attaques de l’ennemi.

Le Prince des Croyants (paix sur lui) dit dans ce sermon :

« Le jihad est l’une des portes du Paradis, que Allah a ouverte à Ses amis privilégiés. Le jihad est le vêtement de la piété (taqwâ), l’armure solide et le bouclier fiable de Dieu.

Ceux qui se détournent du jihad, Allah les revêt de l’habit de l’humiliation, les afflige de malheurs. Ils deviennent méprisés et humiliés, leur raison et leur compréhension se corrompent, leurs droits sont bafoués pour avoir négligé le jihad, les signes de l’avilissement apparaissent sur eux, et ils sont privés de la justice.

Sachez-le : nuit et jour, secrètement et ouvertement, je vous ai appelés à combattre cette populace (Mu’awiya et ses partisans). Je vous ai dit : combattez-les avant qu’ils ne vous combattent.

Car par Allah ! aucun peuple n’a été attaqué au cœur de ses demeures sans avoir subi le déshonneur et l’humiliation.

Mais vous avez fait preuve de tiédeur et vous êtes désunis, au point que l’ennemi vous a attaqués sans relâche et s’est emparé de votre territoire.

Écoutez bien maintenant : l’un des commandants de l’armée pillarde de Mu’awiya, issu des « Banû Ghâmid », a attaqué al-Anbâr (ville frontalière). Il a tué mon gouverneur et représentant, « Hassân ibn Hassân al-Bakrî », et chassé vos soldats et gardes-frontières de cette terre.

On m’a rapporté que l’un d’eux est entré dans la maison d’une femme musulmane, ainsi que d’une femme non-musulmane qui vivait sous la protection de l’Islam, et leur a arraché leurs chevilles, leurs bracelets, leurs colliers et leurs boucles d’oreilles…

Elles n’avaient aucun moyen de défense, sinon les larmes et les supplications. Ces pillards sont repartis avec un abondant butin, sans qu’un seul d’entre eux ne soit blessé ou n’ait versé une seule goutte de sang. Si un musulman mourait de chagrin à cause de cet événement, il ne serait pas blâmé, et à mes yeux, cela serait mérité et juste.

Plût à Dieu que je ne vous voie pas ! Ô merveille ! Ô merveille ! Par Allah, voilà une réalité qui tue le cœur et engendre tristesse et affliction : qu’eux, sur leur chemin d’égarement, soient aussi unis, et que vous, sur le chemin du droit, soyez aussi dispersés et divisés !

Malheur à vous, la peine est votre lot ! Que le chagrin et l’inquiétude soient votre compagne constante ! Vous êtes devenus la cible des assauts de l’ennemi. On vous attaque sans cesse, et vous ne contre-attaquez pas.

On vous combat, et vous ne combattez pas. C’est ainsi qu’on désobéit à Allah, et vous-mêmes, par vos actes, acceptez cette désobéissance.

Chaque fois, en été, que je vous ordonne de marcher contre l’ennemi, vous dites : « Accorde-nous un délai, que la chaleur intense s’apaise. » Et si je vous donne cet ordre en hiver, vous dites : « Il fait maintenant très froid, attendons que le froid mordant se calme. »

Tous ces prétextes ne sont que fuite devant le chaud et le froid ! Vous qui fuyez le chaud et le froid, par Allah, vous fuirez bien davantage devant l’épée (de l’ennemi).

Ô vous qui ressemblez à des hommes mais n’êtes pas des hommes ! Ô enfants à l’esprit immature ! Ô mariées confinées dans leurs chambres (qui ne pensent qu’aux plaisirs) !

Que j’aurais aimé ne jamais vous voir et ne jamais vous connaître — cette connaissance qui, en fin de compte, m’a rendu si las et si affligé ! Qu’Allah vous combatte ! Vous m’avez tant navré le cœur, vous avez rempli ma poitrine de colère, vous m’avez fait boire coupe après coupe les chagrins et les peines. Par vos désobéissances et votre refus de me soutenir, vous avez réduit à néant mes plans et mes stratégies (pour réprimer l’ennemi et construire une société islamique prospère), au point que les Qoraychites ont dit : « Le fils d’Abû Taleb est un homme courageux, mais il ne s’entend pas à l’art de la guerre ! … »

Qu’Allah leur fasse miséricorde ! Y en a-t-il un seul parmi eux qui ait plus d’expérience que moi et qui m’ait précédé sur ces champs de bataille ?

J’ai engagé mes premiers pas sur le champ de bataille alors que je n’avais pas encore vingt ans, et j’ai aujourd’hui plus de soixante ans. Mais celui dont les ordres ne sont pas exécutés ne peut avoir de stratégie (qui aboutisse).

(Aussi élevée que soit sa pensée et aussi précise que soit son plan, il n’obtient jamais rien !) »