Most searched:

L’union de l’eau et du miroir ; quand la mariée est « Kawthar » et le marié « Hal-Atā »

Le premier jour du mois de Dhû al-Hijja correspond à l’anniversaire de la plus belle union céleste dans le monde islamique, l’un des événements les plus importants de l’histoire du chiisme, car la lignée des Imams chiites est le fruit de ce mariage.

Le mariage de l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) et de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) n’est pas seulement un événement personnel, mais un fait d’une portée historique et religieuse majeure. Cette union a renforcé les liens entre la famille du Sceau des Prophètes et celle du Maître des Pieux, jouant un rôle crucial dans la formation de l’histoire de l’islam.

De plus, la simplicité et la spiritualité de ce mariage ont constitué un modèle pour les musulmans de toutes les époques. Selon les sources chiites et sunnites, l’union de l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) et de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) s’est faite sur ordre de Dieu Tout-Puissant, et l’Envoyé de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) fut chargé de la réaliser.

L’amour de Haydar

La place éminente et la faveur dont jouissait l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) auprès de Dieu et de Son Prophète (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) étaient telles que, lors de la demande en mariage de Dame Fatima (que la paix soit sur elle), ils lui témoignèrent cet amour de la manière suivante.

L’Envoyé de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) se trouvait chez son épouse Umm Salama lorsque l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) frappa à la porte pour demander la main de Dame Fatima (que la paix soit sur elle).

Umm Salama demanda : « Qui est à la porte ? »

Avant que le Maître des Pieux ne puisse dire « C’est Ali », le Messager de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) lui dit : « Ô Umm Salama, lève-toi, ouvre-lui la porte et autorise son entrée ; car c’est un homme que Dieu et Son Envoyé aiment, et qui aime Dieu et Son Envoyé. » [1]

La cérémonie de la demande en mariage

Dahhâk ibn Muzâhim rapporte : « J’ai entendu l’Émir des Croyants, Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui), dire au sujet de la cérémonie de demande en mariage de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) :

“Lorsque je me rendis auprès du Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) et qu’il me vit, il sourit et dit : ‘Ô Ali, es-tu venu à moi pour la demande que tu as en tête ?’

Je lui exposai alors mes liens de parenté [avec lui], mon antériorité dans l’islam, mon soutien envers lui et les combats que j’avais menés dans la voie de Dieu.”

Le Noble Prophète (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) dit : “Ô Ali, tu dis vrai, ta valeur est plus grande encore que ce que tu viens de mentionner.” Je dis alors : “Ô Envoyé de Dieu, marie-moi à Fatima.”

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) répondit : “Ô Ali, plusieurs hommes avant toi ont formulé cette demande, mais chaque fois que j’en parlais à Fatima, elle manifestait de la réticence. Attends quelques instants que j’aille la voir et que je revienne.” » [2]

Un silence signe d’acceptation

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) se rendit auprès de Fatima (que la paix soit sur elle) … et lui dit : « Ô Fatima ! »

Elle répondit : « Ô Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille), que désirez-vous ? »

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) dit : « Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui) est celui dont tu connais la parenté [avec nous], le mérite et l’islam. J’ai demandé à Dieu de t’unir en mariage au meilleur de Ses créatures et au plus aimé d’entre elles auprès de Lui. Ali a demandé ta main. Quel est ton avis ? »

Fatima (que la paix soit sur elle) garda le silence mais ne détourna pas son visage, et le Prophète de Dieu ne vit aucune aversion sur son visage. Il se leva alors en disant : « Dieu est le plus grand ! Son silence est signe de son consentement. »

Puis Gabriel vint auprès de l’Envoyé de Dieu et dit : « Ô Muhammad, unis-la en mariage à Ali ibn Abû Taleb, car Dieu a agréé ces deux-là l’un pour l’autre. » [3]

La raison du refus des autres prétendants

L’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) rapporte au sujet de la demande en mariage de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) : « Le Sceau des Prophètes me dit : “Ô Ali, un groupe d’hommes Qurayshite m’ont fait des reproches concernant le mariage de Fatima, disant : ‘Nous avions demandé la main de Fatima et tu l’as refusée, et maintenant tu la donnes à Ali ibn Abû Taleb.’

Je leur ai répondu : ‘Par Dieu, je ne vous ai pas refusé Fatima et je ne l’ai pas mariée [de mon propre chef]. C’est plutôt Dieu qui a refusé votre demande et qui a marié Fatima à Ali. En effet, Gabriel est descendu vers moi et a dit que Dieu, le Très-Haut, déclare : “Si Je n’avais pas créé Ali, il n’y aurait pas eu sur terre d’époux digne de Fatima.”’” » [4]

Un égal sans pareil

L’Imam Jafar as-Sadiq (que la paix soit sur lui) dit au sujet du rang éminent de la Grande Véridique : « Si Dieu n’avait pas créé l’Émir des Croyants, Ali (que la paix soit sur lui), pour Dame Fatima (que la paix soit sur elle), elle n’aurait pas eu d’égal sur terre. » [5]

Le sermon de mariage à la mosquée

Jâbir rapporte au sujet de la lecture du sermon de mariage du Maître des Pieux : « Lorsque le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) décida de marier Dame Fatima (que la paix soit sur elle) à l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui), il lui dit : “Ô Ali, rends-toi à la mosquée.”

Lorsque la mosquée fut pleine de monde, le Sceau des Prophètes se leva, loua et glorifia Dieu, puis dit : “Dieu, le Très-Haut, m’a ordonné de donner ma fille Fatima (que la paix soit sur elle) en mariage à mon frère, mon cousin et le plus méritant des gens envers moi, à savoir Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui). Dieu l’a mariée à Ali (que la paix soit sur lui) au ciel et parmi les anges, et Il m’a ordonné de la marier sur terre, en votre présence, à Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui).” » [6]

La dot et le trousseau

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) s’adressa au Maître des Pieux en ces termes : « Ô Ali, qu’as-tu pour constituer la dot de Fatima (que la paix soit sur elle) ? »

Le Maître des Pieux répondit : « Ô Messager de Dieu, tu es toi-même témoin que je ne possède rien de ce bas-monde, hormis mon épée, ma chamelle et ma cotte de mailles. »

Le Prophète (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) dit : « Ô Ali, ton épée et ta chamelle te sont nécessaires. Vends ta cotte de mailles et prépare avec le prix la cérémonie de mariage avec Fatima (que la paix soit sur elle). » [7]

L’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) rapporta : « Le Messager de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) m’ordonna de me lever et de vendre ma cotte de mailles.

Je le fis. Je vendis la cotte pour la somme de quatre cents dirhams et apportai l’argent au Messager de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille), le déposant dans le pan de son vêtement. Il ne s’enquit pas du montant, et je n’en dis rien. »

Puis il prit une partie des dirhams, appela Bilâl, lui remit l’argent et lui dit : « Achète du parfum pour Dame Fatima (que la paix soit sur elle). »

Ensuite, le Messager de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) prit de ses deux mains une autre partie des dirhams, la donna à ‘Ammâr ibn Yâsir et lui dit : « Prépare pour Dame Fatima (que la paix soit sur elle) ce qui lui convient en matière de vêtements et d’articles ménagers. » [8]

La bénédiction du Sceau des Prophètes

Le Noble Prophète (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) prononça cette prière pour le début de la vie commune de l’Imam Ali (que la paix soit sur lui) et de Dame Fatima (que la paix soit sur elle).

L’Émir des Croyants, Ali (que la paix soit sur lui), rapporte : « Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) me maria à Fatima (que la paix soit sur elle). Puis, prenant ma main, il dit : “Au nom de Dieu, lève-toi et dis : ‘‘Alâ barakati-llâhi wa mâ shâ’a-llâhu, lâ quwwata illâ bi-llâh, tawakkaltu ‘alâ-llâh’ (Avec la bénédiction de Dieu et ce que Dieu veut. Il n’y a de force qu’en Dieu. Je m’en remets à Dieu).” »

Ensuite, il me fit asseoir à côté de Fatima (que la paix soit sur elle) et dit : “Ô mon Dieu, ces deux-ci sont les créatures que je chéris le plus. Fais qu’ils soient également aimés de Toi, bénis leur descendance et place-les sous Ta protection. Je les mets, eux et leur progéniture, sous Ta sauvegarde contre le mal de Satan le lapidé.” » [9]

Le don de la robe de mariée

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) avait préparé une robe pour la première nuit de noces de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) et la lui avait donnée. Cette même nuit, un nécessiteux lui demanda un vêtement. Elle lui donna alors sa robe de mariée et porta elle-même son vieux vêtement.

Lorsque le Sceau des Prophètes lui demanda pourquoi elle n’avait pas revêtu la nouvelle robe, elle répondit : « Lan tanâlu al-birra hattâ tunfiqû mimmâ tuhibbûn – “Vous n’atteindrez jamais la bonté [véritable] à moins de dépenser de ce que vous aimez.” » [10]

Un mariage céleste

L’insistance du Sceau des Prophètes sur la nature céleste du mariage de l’Émir des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) et de Fatima (que la paix soit sur elle) est exprimée dans ces traditions.

Jâbir ibn ‘Abd Allâh al-Ansârî rapporte : « Lorsque le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) maria Dame Fatima (que la paix soit sur elle) à l’Émir des Croyants Ali (que la paix soit sur lui), certains parmi les gens de Quraysh dirent : “Ô Messager de Dieu ! Tu as marié Fatima à Ali avec une dot si modique ?”

Le Prophète répondit : “Ce n’est pas moi qui l’ai mariée à Ali. En vérité, c’est Dieu qui l’a unie à Ali ibn Abû Taleb la nuit où je fus élevé au ciel (lors du voyage nocturne).” » [11]

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) dit dans une autre tradition : “Je suis un être humain comme vous ; je choisis une épouse parmi vous et je marie mes filles aux hommes de votre communauté – à l’exception de ma fille Fatima (que la paix soit sur elle), dont le décret de mariage est venu du ciel.” » [12]

L’annonce divine

Bilâl ibn Hamâma rapporte au sujet de l’annonce céleste du mariage de Dame Fatima (que la paix soit sur elle) et de l’Émir des Croyants (que la paix soit sur lui) :

« Un jour, le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) vint à nous, son visage brillant comme le disque de la lune. ‘Abdou ar-Rahman ibn ‘Awf demanda : “Ô Messager de Dieu ! D’où vient cette lumière ?”

Le Prophète (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) répondit : “Elle est due à une bonne nouvelle que mon Seigneur m’a donnée au sujet de mon cousin et de ma fille. En vérité, Dieu a uni Fatima (que la paix soit sur elle) en mariage à Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui).” » [13]

La haute station du Maître

Le Prophète de Dieu (que les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa famille) déclara au sujet du Maître des Pieux : “En vérité, Dieu – Puissant et Majestueux – a fait de Ali ibn Abû Taleb (que la paix soit sur lui) mon frère, a marié ma fille à lui depuis les hauteurs du ciel, en a pris Ses anges rapprochés pour témoins, et l’a désigné comme mon exécuteur testamentaire et mon successeur. L’Émir des Croyants Ali (que la paix soit sur lui) est de moi, et je suis de lui. Son ami est mon ami, son ennemi est mon ennemi, et les anges cherchent à se rapprocher de Dieu en l’aimant.” » [14]

 

Sources :

[1] Bihâr al-Anwâr, vol. 43, p. 126.

[2] Amâlî al-Tûsî, p. 39, h. 44 ; Bashârat al-Mustafâ, p. 261.

[3] Amâlî al-Tûsî, p. 39, h. 44 ; Bashârat al-Mustafâ, p. 261.

[4] Al-‘Allâma Muhammad Bâqir al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol. 43, p. 288.

[5] Usûl al-Kâfî, vol. 1, p. 467.

[6] Bihâr al-Anwâr, vol. 100, p. 269.

[7] Al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, Beyrouth, Mu’assasat al-Wafâ’, 2e éd., 1403 H, vol. 43, p. 120 et 140.

[8] Bihâr al-Anwâr, vol. 43, p. 94.

[9] Amâlî al-Tûsî, p. 40 ; Al-Muhtadar, p. 240.

[10] ‘Awâlim al-‘Ulûm, vol. 11, p. 230.

[11] Amâlî al-Tûsî, p. 257 ; Al-Muhtadar, p. 241.

[12] Al-Kâfî, vol. 5, p. 568.

[13] Mi’at Manqaba, p. 166.

[14] Amâlî al-Sadûq, vol. 1, p. 270.

Plus d’articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *