Le 9 du mois de Dhou al-Hijjah, le jour d’Arafah, est l’un des jours les plus méritoires de l’année. Il est considéré comme un jour privilégié pour le pardon des péchés et l’exaucement des prières. La plaine d’Arafat est une terre où de nombreux prophètes, depuis Adam jusqu’au Sceau des Prophètes (paix sur lui et sur sa sainte famille), et les successeurs de ce dernier — d’Ali ibn Abi Taleb jusqu’au Mahdi promis (que la paix soit sur eux tous) — ont séjourné.
Le secret de la dénomination de cette terre
« Arafah » est le nom d’un lieu où Adam et Ève, après leur descente sur Terre, se sont retrouvés et reconnus mutuellement. C’est pour cette raison qu’il a été nommé ainsi. (1)
Le nom « Arafah » provient de la plaine d’Arafat (lieu situé près de La Mecque où les pèlerins doivent faire la station le 9 Dhou al-Hijjah). On dit qu’on l’appelle Arafat parce que c’est une terre clairement identifiable et connue parmi les montagnes. (2)
On interrogea l’Amir al-Mou’minine Ali (paix sur lui) sur la raison pour laquelle « Arafat » porte ce nom.
L’Imam répondit : « C’est parce que le prophète Ibrahim (paix sur lui) a reconnu les rites du Hajj grâce aux descriptions qui lui avaient été montrées d’Arafat. » (3)
Dans la plaine d’Arafat, l’ange Gabriel, porteur de la révélation divine, enseigna les rites du Hajj au prophète Ibrahim. Ce dernier disait alors : « J’ai reconnu, j’ai reconnu » (Araftou, Araftou).
L’annonce de la succession du Prince des Croyants à Arafat
Alqama al-Hadrami rapporte d’Imam al-Baqir (paix sur lui) :
« Alors que le Prophète bien-aimé (que Dieu le bénisse et salue sa famille) était en station à Arafat, Gabriel descendit vers lui de la part de Dieu Tout-Puissant et lui dit : “Ô Muhammad, Dieu — qu’Il soit glorifié et exalté — t’adresse Ses salutations et t’informe que le moment de ton départ approche et que ta vie touche à sa fin. Je te fais voyager vers une destinée inévitable. Renforce maintenant ton pacte et prépare ton testament. Confie à ton successeur et exécuteur testamentaire tout ce que tu détiens comme sciences et héritage des prophètes précédents — notamment les armes, le Tabut (arche) et les autres signes de la prophétie. Celui qui est mon Argument décisif sur les gens n’est autre qu’Ali ibn Abi Talib (paix sur lui). Désigne-le à cette fonction devant les gens et renouvelle le pacte et l’allégeance envers lui. Rappelle-leur quel engagement et quel pacte J’ai pris d’eux : ils doivent accepter la wilaya (tutelle) de Mon Ami, l’aimer et savoir que le véritable Maître et Protecteur de tout homme et femme croyant est Ali ibn Abi Talib (paix sur lui). Car Je n’ai jamais rappelé l’âme d’aucun prophète sans avoir auparavant parachevé sa religion et complété Mon bienfait par la wilaya de Mes saints et l’inimitié envers Mes ennemis.” » (4)
Les secrets et la raison de la station à Arafat
La plaine d’Arafat recèle de nombreux secrets. C’est un lieu sacré lié aux larmes et aux soupirs. L’Amir al-Mou’minine Ali (paix sur lui) a dit au sujet du secret de la station à Arafat :
« Arafat se trouve en dehors des limites du Haram (sanctuaire sacré). L’invité de Dieu doit, hors des portes de la ville, supplier et implorer suffisamment pour devenir digne d’entrer dans le Haram. » (5)
L’après-midi du jour d’Arafah, et le midi du dixième jour (alors que les pèlerins sont à Mina), Dieu le Très-Haut se glorifie devant les Anges et dit : « Ceux-ci sont Mes serviteurs qui sont venus de chemins proches et lointains, au prix de grandes difficultés, qui se sont privés de nombreux plaisirs, qui ont dormi sur les sables des déserts d’Arafat et de Mina, et qui, le visage couvert de poussière, se présentent devant Moi en exprimant leur faiblesse et leur humilité. »
Le jour du Pardon
Pour exprimer la grandeur et l’importance du jour d’Arafah et l’acceptation du repentir en ce jour, cette narration de l’Amir al-Mou’minine Ali (paix sur lui) suffit :
« On demanda au Prophète (que Dieu le bénisse et salue sa famille) : “Ô Messager de Dieu, lequel des gens d’Arafat est le plus pécheur ?” Le Prophète répondit : “Celui qui quitte Arafat en pensant qu’il n’a pas été pardonné.” » (6)
Sources :
Raghib Isfahani, Al-Mufradat, 1404 H, p. 331.
Mostafavi, At-Tahqiq fi Kalimat al-Qur’an al-Karim, vol. 8, p. 120.
Tafsir Nour ath-Thaqalayn, vol. 1, p. 196.
Bihar al-Anwar, vol. 37, p. 202.
Usul al-Kafi, vol. 4, p. 224.
Al-Ja’fariyyat, p. 64.