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Entrées nouvellement construites du sanctuaire sacré alawite

Les entrées nouvellement construites et élargies du sanctuaire sacré alawite ont été réalisées dans le but de faciliter l’accès des pèlerins et de leur offrir de meilleurs services. Ces entrées ont été édifiées selon des conceptions modernes, harmonisées avec l’architecture historique de ce lieu saint.

Porte de Muslim ibn ʿAqīl (ʿalayhi al-salām) : une porte vers le Gharīb de Kūfa

Cette porte se trouve sur le côté oriental du mur de la Cour noble, à droite de la Babou al-Sāʿa et à proximité de la mosquée al-Khaḍrāʾ. Son ouverture eut lieu en 1252 de l’hégire (1836 de l’ère chrétienne), sous la direction de Mullā Yūsuf, sādin (gardien-administrateur) du Rawḍa Ḥaydariyya, à l’époque du sultan ottoman Maḥmūd II (décédé en 1255 h.).

Ancien nom

Autrefois, cette porte s’ouvrait sur le quartier des tailleurs ; c’est pourquoi elle était connue sous le nom de Babou al-ʿAbāʾijiyya ou Babou Ahl al-ʿIkl (porte des vendeurs d’ʿabāʾ ou des gens de la charge).

Le regretté shaykh Jaʿfar Maḥbūba rapporte que l’ancien « Dār al-Ḍiyāfa » de l’époque safavide, après sa destruction, fut acheté par Mullā Yūsuf à shaykh Muḥammad Ḥasan, auteur des Jawāhir. Il le reconstruisit sous forme de marché des tailleurs et, à la même époque, au mois de rajab 1252 h., ouvrit cette porte pour permettre l’accès à la Qayṣariyya.

Il convient de noter qu’une grande partie de ce marché fut démolie en 1368 h. (1949), sous le régime monarchique irakien, sur ordre du mutacharrif de Karbala, ʿAbd al-Rassul Khalissī, lors de la construction de la rue circulaire entourant la Cour noble. Au début des années 1980, le reste de ce marché, ainsi que tous les bâtiments attenants au mur du sanctuaire sacré alawite, furent également démantelés.

La reconstruction et nouvelle dénomination

En 1371 h. (1951), cette porte fut de nouveau reconstruite. Ces travaux eurent lieu sous le mandat de qāʾim-maqām de Najaf al-Ashraf, l’ustādh Ḍiyāʾ Shukāra. La façade extérieure fut ornée de carreaux de Karbalāʾ. C’est à cette époque qu’elle reçut officiellement le nom de Babou Muslim ibn ʿAqīl (ʿalayhi al-salām). Il semble que cette dénomination ait été choisie parce que la porte s’oriente vers le mausolée de Muslim ibn ʿAqīl (le Gharīb de Kūfa).

Babou al-Faraj

Babou al-Faraj est la plus récente des portes ouvertes dans la Cour noble. Elle se situe sur le mur occidental de la Cour et s’ouvrait autrefois sur le quartier al-ʿAmāra (aujourd’hui connu sous le nom de Cour de Notre Dame Fāṭima al-Zahrāʾ, ṣalawātu Allāh ʿalayhā). L’ordre de construction et d’ouverture de cette porte fut donné par le sultan ottoman ʿAbd al-ʿAzīz en 1279 h. (1862).

Le regretté sayyid Barāqī écrit à ce sujet : « En 1279 de l’hégire, une porte fut ouverte sur le côté occidental de la Cour noble ; on l’appela Babou al-Faraj, et un marché apparut également de ce côté. »

L’année du début des travaux d’ouverture de cette porte (1279 h.) a été enregistrée et mémorisée dans les écrits historiques par shaykh ʿAbbās ibn shaykh Ḥasan Āl Kāshif al-Ghiṭāʾ.

La raison de l’appellation de Babou al-Faraj en Babou as-Salatin

Après près de neuf années de travaux continuels – durée considérée comme longue –, Babou al-Faraj fut finalement ouverte au mois de rajab 1287 h. (1870). Pour commémorer cet événement, une calligraphie iranienne et islamique au nom du sultan ottoman ʿAbd al-ʿAzīz fut placé à l’entrée du porche. On y lisait : « Abdal-Aziz Khān ibn Maḥmūd al-Muẓaffar dāʾiman », et au-dessous la date : « rajab 8 », faisant référence à l’année 1287 h.

Compte tenu des bonnes relations qui existaient alors entre les États iranien et ottoman, et simultanément au voyage du sultan d’Iran Nasir al-Dīn Shāh Qājār vers les Lieux saints d’Irak la même année (1287 h. / 1870), il fut décidé que celui-ci entrerait à Najaf al-Ashraf par cette porte nouvellement construite.

Cette disposition fut prise en signe d’honneur à son égard de la part du sultan ottoman. C’est pourquoi, à la même époque, cette porte, outre le nom de « Babou al-Faraj », fut également connue sous le nom de « Babou al-Salatin ».

Babou al-Faraj : une porte construite en l’honneur du shah d’Iran !

Shaykh Muhammad Hussain Harz ad-Dine rapporte : « Cette porte est la cinquième de la Cour noble et, en même temps, la dernière qui ait été ouverte. La raison de son nom est que le sultan ottoman Abdal-Aziz ordonna spécialement l’ouverture de cette porte pour Nasir al-Dīn Shāh Qājār, sultan d’Iran, afin qu’il y pénètre lors de sa visite des Lieux saints d’Irak (année 1287 h.).

Lors de l’arrivée de Nasir al-Dine Shāh à Najaf al-Ashraf, le sultan ottoman organisa de grandioses cérémonies, dont l’inauguration de cette nouvelle porte en son honneur. Cette porte était en réalité une chambre du mur de la Cour, munie, comme les autres porches, d’un porche saillant et en saillie pour la porte. Outre le nom de Babou al-Salatin, elle est également connue sous celui de Babou al-Faraj. Le marché créé en même temps que l’ouverture de cette porte fut appelée Sūq Babou al-Faraj. »

Récit du voyage de Nasir ad-Dine Shāh à Najaf al-Ashraf

Le regretté shaykh Jaʿfar Maḥbūba, citant le Muntaẓam al-Nasiri (t. III, p. 315), rapporte :

« En l’année 1287 de l’hégire, le treizième jour du mois de ramadan, le sultan Nasir ad-Dine Shāh entra à Najaf pour la visite et, le vingtième du même mois, repartit pour Karbalāʾ. Il accorda des faveurs aux résidents du sanctuaire et offrit au seuil sacré alawite des présents, parmi lesquels un diamant orné de la sourate al-Mulk, remis au mutawallī de ce sanctuaire. »

Par la suite, cette porte fut restaurée à plusieurs reprises. En 1380 h. (1960) et 1382 h. (1962), son carrelage fut renouvelé. En 1391 h. (1971), juste au-dessus de la porte en bois, deux vers composés par Ḥājj ʿAbd al-Zahrāʾ Fakhr al-Dīn furent inscrits sur les carreaux.

Le Tughrāʾ (le tampon des sultans ottomans) sur Babou al-Faraj

Il convient de noter que le Tughrāʾ (tampon royal) propre à cette porte fut, à une date inconnue, retiré de son emplacement d’origine au-dessus de Babou al-Faraj et placé sur l’un des murs de la porche Habbūbī. Il semble que ce déplacement ait été motivé par la restauration du carrelage de la porte et par l’ignorance de la nature et de l’importance historique de ce Tughrāʾ.

Le premier jour de jumādā al-ūlā 1444 h. (2022), ce ṭughrāʾ (tampon royal) fut détaché du mur de porche susmentionné. Les services d’ingénierie et de construction des unités « Nafāʾis » et « Manqūshāt » du sancatuaire sacrée alawite prirent en charge sa restauration. Au cours de ce processus, le fond de l’œuvre fut recouvert d’une matière d’émail froid de couleur turquoise et les lignes furent ornées de feuille d’or. Ce Tughrāʾ (tampon royal) est réalisé en marbre blanc ; ses dimensions sont d’environ 52 cm de longueur et 67 cm de largeur.

Après l’achèvement de la restauration, cette pièce historique fut replacée à son emplacement d’origine, au-dessus de l’entrée de Babou al-Faraj (du côté intérieur donnant sur la Cour noble). Son dévoilement eut lieu le 13 rajab 1444 h. (2023), coïncidant avec l’anniversaire de la naissance bénie de notre maître Amīr al-Muʾminīn ʿAlī (ʿalayhi al-salām).

Puis, le dimanche 19 shaʿbān 1444 h. (12 mars 2023), les travaux de dépose des carreaux de la façade extérieure de Babou al-Faraj commencèrent. Ces opérations furent menées par les ingénieurs de l’Institut Kawthar d’Iran. Après la restauration des murs, la façade extérieure fut réaménagée avec des carreaux iraniens de mosaïque (muʿarraq), tandis que le texte des anciennes inscriptions fut conservé tel quel. Ce projet s’acheva complètement le mercredi 20 jumādā al-thāniya 1445 h. (3 janvier 2024), coincidant avec l’anniversaire de la naissance de Fāṭima al-Zahrāʾ (ṣalawātu Allāh ʿalayhā).

Entretien et restauration des portes de la Cour noble

Sur ordre de la tutelle du sanctuaire sacrée alawite, en 1428 h. (2007), l’atelier de menuiserie relevant du service des affaires d’ingénierie et de construction du sanctuaire entreprit la restauration des portes principales du sanctuaire sacré alawite et leur nouvelle peinture. De plus, de nouvelles fenêtres en bois de teck furent fabriquées et installées pour la partie supérieure de chacune des portes Shaykh at-Tūssi, al-Qibla et al-Faraj qui donnent sur l’extérieur de la Cour. Cette opération eut lieu après le retrait des anciennes façades, qui avaient subi de nombreux dommages au fil des années.

En 1430 h. (2009), une nouvelle fenêtre en bois fut installée pour Babou al-Sāʿa du côté extérieur. De même, l’ancienne façade métallique située au-dessus de Babou al-Sāʿa du côté intérieur fut retirée et remplacée par une nouvelle façade en bois de teck incrusté de bois de sīzam et de rāranj (oranger). En outre, un nouveau miroir convexe remplaça l’ancien miroir concave, afin que le spectateur puisse contempler l’image complète du sanctuaire alawite purifié.

En 1431 h. (2010), les équipes du service de menuiserie du sanctuaire achevèrent la restauration et la peinture des façades en bois des chambres où sont inhumés de grands marjaʿ. Parmi ces lieux figurent le mausolée de shaykh Murtaḍā al-Anṣārī et celui de sayyid Abū al-Ḥasan al-Iṣfahānī. Les façades en bois de Babou al-Sāʿa, de Babou Muslim ibn ʿAqīl (ʿalayhi al-salām) et de toutes les portes des chambres situées dans les īwān de le sanctuaire sacré alawite furent également restaurées et réparées.

Source 

Extrait de l’ouvrage Tārīkh al-Marqad al-ʿAlawī al-Muṭahhar.

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