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L’aperçu de l’histoire, de l’architecture et des inscriptions du sanctuaire de l’Émir des croyants (paix sur lui)

Le parvis et les vestibules du sanctuaire de l’Émir des croyants (que la paix soit sur lui) comptent parmi les exemples les plus remarquables de l’architecture islamique en Irak. Malgré les atteintes dues aux facteurs environnementaux et les événements historiques, ces édifices ont conservé leur solidité au fil du temps. Le présent texte évoque l’histoire de la restauration des murs du parvis, la structure architecturale des vestibules, ainsi que l’ensemble précieux des inscriptions coraniques et des poèmes qui ornent ces espaces sacrés.

Le mur du parvis sacré alawite

Le mur extérieur du parvis sacré alawite entoure celui-ci sur une superficie d’environ 4 573 mètres carrés et atteint près de 12 mètres de hauteur. Autrefois, le tissu urbain de la vieille ville de Najaf était directement adossé à ce mur. En 1368 de l’hégire, correspondant à 1949 de l’ère chrétienne, nombre des bâtiments qui l’entouraient furent toutefois démolis et une rue fut aménagée autour du parvis.

Au milieu des années 1970, tous les édifices accolés extérieurement au mur du parvis furent également détruits. La surface extérieure du mur fut alors ornée de briques sculptées. Ces motifs comprenaient le Nom majestueux « Allah », les noms du Messager de Dieu, Muhammad, et de l’Émir des croyants, Ali (que les bénédictions de Dieu soient sur eux deux), ainsi que le terme « Ahmad » (« l’Unique »), le tout composé sous forme de motifs calligraphiques circulaires et quadrangulaires.

Restauration contemporaine des murs du parvis

Au fil du temps, le mur du parvis sacré alawite subit de nombreux dommages en raison des facteurs environnementaux, mais aussi des événements militaires et des explosions survenues dans ses environs. Ces dégradations se manifestèrent notamment par des fissures dans certaines parties du mur et par la détérioration du revêtement de marbre — la hazāra — installé dans sa partie inférieure.

C’est pourquoi, en 1426 de l’hégire, correspondant à 2005 de l’ère chrétienne, les équipes spécialisées du sanctuaire sacré alawite entreprirent la restauration du mur extérieur. Dans le cadre de ce projet, l’ensemble des dommages affectant les motifs fut réparé et les éléments gravement détériorés furent remplacés par des pièces neuves, tandis que l’authenticité et le style des anciennes décorations furent intégralement préservés. Une nouvelle bande de marbre granitique fut également installée dans la partie inférieure du mur. Les travaux de restauration s’achevèrent à la fin de l’année 1427 de l’hégire, correspondant à 2006 de l’ère chrétienne.

Les vestibules de la Rawdha sacrée

Quatre vestibules entourent le sanctuaire sacré et forment, dans leur ensemble, un édifice majestueux et robuste, de plan presque carré. Cet ensemble se distingue par une architecture singulière et des ornements remarquables. Des lustres précieux, au dessin particulièrement impressionnant, sont suspendus à ses plafonds et attirent les regards. Ces vestibules possèdent aujourd’hui des portes et des entrées donnant sur l’extérieur, qui seront décrites plus en détail ci-après.

La longueur de chacun des côtés intérieurs des vestibules est d’environ 31 mètres. La largeur du vestibules nord et du vestibules sud est proche de 6 mètres ; celle du vestibule est atteint environ 7,60 mètres, tandis que celle du vestibule ouest est d’environ 4,40 mètres. Chaque vestibule mesure également près de 12 mètres de hauteur, soit la même hauteur que l’édifice du sanctuaire sacré et le mur extérieur du parvis.

Coupoles et ouvertures zénithales

Ces vestibules comportent au total huit coupoles, disposées au centre et dans les angles. Chaque coupole est percée d’une ouverture zénithale octogonale qui se détache du niveau du sanctuaire et comprend huit fenêtres.

Six autres petites coupoles sont également disposées entre ces coupoles principales : deux pour chacun des vestibules nord, sud et ouest. L’ensemble de ces coupoles, caractérisées par une remarquable harmonie et une grande symétrie architecturale et ornementale, exprime une splendeur particulière.

Les salles entourant les vestibules

Les quatre côtés des vestibules sont bordés, sur deux niveaux, par des salles. L’étage supérieur compte douze salles : deux sur le côté est, deux sur le côté ouest, et quatre sur chacun des côtés nord et sud. Ces salles possèdent de petites fenêtres indépendantes qui s’ouvrent sur le parvis sacré alawite du côté nord et du côté sud.

Les inscriptions poétiques dans les vestibules

Les vestibules du parvis sacré alawite abritent un ensemble de poèmes remarquables, calligraphiés avec élégance en lettres dorées sur des panneaux de verre coloré.

Dans l’angle droit du vestibule est, près de la chambre funéraire du savant Muqaddas al-Ardebili, sont inscrits dix-huit vers de Husayn b. Ḥajjāj al-Nīlī, qui commencent par un incipit particulier.

Dans l’angle gauche de ce même vestibule, à proximité de la chambre funéraire d’al-Allama al-Hilli, sont inscrits dix-huit vers d’une poésie du célèbre poète al-Nashi as-Saghir.

Au centre du fronton du porche situé au-dessus de Babou Abi Taleb, par lequel on accède du vestibule ouest au vestibules d’Abi Taleb, figurent deux vers de Muhammad b. Idrīs al-Shāfiʿī.

Dans l’angle droit du vestibules ouest est également inscrite une poésie composée par deux poètes, Muhammad b. Talha al-Shāfiʿī et ʿAbd al-Ghanī al-Jābirī, selon un mètre et une rime harmonisée. Elle comprend onze vers du premier et sept vers du second.

Dix-huit vers tirés de l’ouvrage du poète Abū Firās al-Hamdani sont inscrits dans la partie gauche de ce vestibule.

Par ailleurs, vingt-six vers de célèbre poésie du poète Muhammad Kadhim al-Azharī sont inscrits dans le vestibule nord, au-dessus des deux portes donnant accès, depuis ce vestibule, à la chambre du sanctuaire alawite. Vingt-deux autres vers sont inscrits au-dessus de la porte du porche des savants, à l’intérieur du vestibules nord.

Les inscriptions coraniques et les ornements en céramique

Les murs extérieurs des vestibules donnant sur le parvis sacré alawite sont recouverts de faïences ornementales — un type de céramique décorative. On y trouve également des inscriptions comprenant des versets coraniques. La plus ancienne est l’inscription de la sourate al-Rahman.

Cette inscription fut gravée, sous le règne de Nadir Shâh Afshār, sur la bande médiane qui longe le mur extérieur du sanctuaire sacré. Le texte de la sourate commence à la porte nord du vestibule d’Abū Taleb, se poursuit au-dessus du porche des savants et s’achève dans l’angle nord-est du sanctuaire. À l’extrémité de cette bande figure le nom du calligraphe : « Kamal ad-Dīn Hussain Gūlistāna ».

De manière similaire, une autre partie de cette sourate commence dans l’angle sud-est, se poursuit au-dessus du porche du Mīzāb et s’achève finalement dans l’angle du vestibule d’Abū Taleb. Au début de cette inscription, le nom de son exécutant est indiqué en persan : « Achevé sous la direction architecturale du maître Ibrahim Tehrani ».

Le mur extérieur du vestibule est, de part et d’autre, orné d’inscriptions réalisées sur des carreaux de faïence kāshānī, datant du règne du sultan ottoman Abdel-Hamid II. Ces inscriptions constituent un chef-d’œuvre du calligraphe Abdelali Yazdi.

Sur le côté nord est inscrite la sourate al-Muzzammil. Elle commence dans l’angle du vestibule d’Abū Taleb et s’achève près du minaret nord. En vis-à-vis, sur le côté sud, figure la sourate al-Insān, qui commence à proximité du minaret sud et s’achève dans l’angle méridional du vestibule d’Abū Taleb.

Source

Extrait du livre Tārīkh al-Marqad al-ʿAlawī al-Muṭahhar (« Histoire du sanctuaire sacré alawite »).

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