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Le choix de Koufa comme capitale du Califat par le Prince des Croyants (paix sur lui)

Après que les gens eurent prêté allégeance au Prince des Croyants (paix sur lui), Il choisit Koufa comme centre de Son califat. Ce choix n’était ni fortuit ni improvisé ; les circonstances et les exigences de la situation l’imposaient.

Celui qui connaît la véritable nature de l’Imamat et ses exigences ne peut penser ni douter qu’au moment où le Prince des Croyants (paix sur lui) choisit Koufa comme capitale de Son califat, ce choix n’était ni spontané, ni fortuit, ni improvisé. Il découlait plutôt de la considération d’enjeux majeurs qui rendaient nécessaire la préférence de Koufa sur Médine et les autres cités.

Cela est d’autant plus vrai que le Prince des Croyants (paix sur lui) avait déjà exprimé Son opinion et Sa vision concernant les habitants de Koufa, lorsqu’Il s’adressa à eux en se dirigeant vers la bataille de Siffin : « Ô habitants de Koufa, vous êtes mes frères, mes compagnons et mes soutiens véritables. Avec vous, je frapperai les machinateurs et les conspirateurs, et j’espère en votre obéissance totale. »[1]

Les raisons du choix de Koufa comme centre du gouvernement du Prince des Croyants (paix sur lui)

Comme il a été dit, le Prince des Croyants (paix sur lui) choisit Koufa comme nouveau centre du gouvernement islamique pour de multiples raisons, dont les plus importantes sont les suivantes :

La présence d’une descendance vertueuse et d’élites fidèles

C’est à Koufa que se trouvaient le plus grand nombre de partisans (chiites) et de compagnons du Prince des Croyants (paix sur lui). Une grande partie des Koufiens s’étaient soulevés pour Le soutenir lors de la bataille du Chameau, alors que seulement quelque mille combattants de Médine avaient apporté leur soutien à l’Imam.

Cependant, il faut noter que lors de cette bataille, un grand nombre d’hommes de guerre de Koufa vinrent soutenir le Prince des Croyants (paix sur lui) contre l’armée de Bassora. Ils différaient des habitants du Hedjaz, de Médine et du reste des musulmans de la péninsule arabique. Ces derniers avaient été éduqués à suivre le consensus de Saqîfa et à vénérer ses grands personnages. Par conséquent, leur loyauté envers la Famille du Prophète (que la paix soit sur eux) était plus faible et moins solide que celle des Koufiens, et même que celle des habitants des autres régions d’Irak.

L’expansion géographique du monde islamique

Le centre administratif et politique du gouvernement islamique doit se trouver dans un endroit qui facilite les déplacements et les communications entre les villes. À cette époque, cet avantage existait à Koufa plus que dans toute autre région. Cette position stratégique fit de Koufa un pôle susceptible de devenir la capitale du Califat et du gouvernement islamique.

La proximité des territoires du Levant (Bilad al-Cham)

La relation avec les territoires du Levant, où Mu‘awiya ibn Abi Sufyan était établi, ainsi que la possibilité de soulèvements dans le reste des terres islamiques, rendaient nécessaire la présence du Prince des Croyants (paix sur lui) à Koufa pour réprimer la révolte du Levant et agir rapidement contre toute agression éventuelle venant de cette région.

Éprouver le degré de loyauté des Koufiens

La plus lourde charge qui pesa sur les épaules du Prince des Croyants (paix sur lui) après la sédition des Partisans du Chameau fut de mettre à l’épreuve la loyauté des Koufiens, d’autant que ces jours étaient ceux de la discorde et du chaos. En effet, le Prince des Croyants (paix sur lui) trouva les notables et le peuple de Koufa aimants et loyaux ; Il vit en eux une bonne matière première pour établir une société islamique saine et forte, capable d’être éduquée, et avec laquelle Il pourrait se diriger vers d’autres contrées pour propager l’islam.

Établir la stabilité et la sécurité dans le monde islamique

La sécurité et la stabilité avaient disparu dans la plupart des cités des terres islamiques, en particulier à La Mecque et à Médine, en raison de la situation politique tendue consécutive à l’assassinat de ‘Uthmān. Le retour des hostilités et des rancunes intestines, alimentées par un marché de rumeurs brûlant, la sédition et la falsification des faits, fragilisaient le pouvoir du gouvernement, voire le détruisaient.

C’est ce qui motiva le Prince des Croyants (paix sur lui) à s’installer à Koufa afin de rétablir la sécurité et la stabilité dans les terres placées sous Son autorité, particulièrement en Irak, et de prévenir d’éventuelles scissions au sein de la société islamique. De même que le Prince des Croyants (paix sur lui) résistait aux grands défis qui l’attendaient, Il devait s’appuyer sur des hommes clairvoyants, prêts à se sacrifier pour la Vérité et la Justice.

Récits de la connaissance qu’avait le Prince des Croyants (paix sur lui) des Koufiens

De nombreux textes du Prince des Croyants (paix sur lui) nous sont parvenus dans lesquels Il fait l’éloge de Koufa et de ses habitants. Il a dit par exemple : « Koufa est le cerveau pensant de l’islam, le trésor de la foi, l’épée et la lance de Dieu qu’Il utilise où Il veut. Que Dieu accorde la victoire à ses habitants, en Orient et en Occident, comme Il a rendu victorieux le Hedjaz. »[2]

Il est également rapporté dans l’une des lettres de cet Imam aux habitants de Koufa, alors qu’Il se rendait de Médine à Bassora : « De la part du serviteur de Dieu, ‘Ali, Prince des Croyants, aux habitants de Koufa, compagnons au rang élevé et maîtres des Arabes. »[3]

Il est dit aussi que lorsque l’armée de Koufa arriva secrètement à Bassora pour soutenir le Prince des Croyants (paix sur lui), l’Imam les accueillit et dit : « Ô habitants de Koufa ! Vous avez brisé la puissance des non-Arabes (‘Ajam) et de leurs rois, et dispersé leurs troupes, si bien que leur héritage vous est parvenu. Vous avez renforcé votre propre région et secouru les hommes contre leurs ennemis et autres. »[4]

Dans une lettre du Prince des Croyants (paix sur lui) à Mu‘awiya, il est également écrit : « Les habitants de l’Irak (Koufa) sont plus attachés à l’au-delà que les habitants du Levant ne sont avides de ce bas monde. »[5]

Sources :

[1] Al-Kāmil fī l-Tārīkh (L’Histoire complète), Ibn al-Athīr, vol. 2, p. 690.

[2] Biḥār al-Anwār (Les Océans de Lumière), ‘Allāma Majlisī, vol. 62, p. 172.

[3] Biḥār al-Anwār, ‘Allāma Majlisī, vol. 32, p. 119.

[4] Tārīkh al-Rusul wa l-Mulūk (Histoire des Prophètes et des Rois), Ibn Jarīr al-Ṭabarī, vol. 4, p. 487.

[5] Sharḥ Nahj al-Balāgha (Commentaire de La Voie de l’éloquence), Ibn Abī l-Ḥadīd, vol. 15, p. 117.

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