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Quelles furent les manœuvres et les sabotages des hypocrites pour s’opposer à Ghadir ? | Quatrième partie

Les ennemis intérieurs de l’Islam, à savoir les hypocrites, voyaient tous leurs plans bouleversés par l’exécution rigoureuse du programme de Ghadir et l’intronisation du Prince des Croyants (Imam Ali, paix sur lui) depuis la chaire du Prophète. Ils récitaient entre eux le verset du désespoir : « Aujourd’hui, ceux qui ont mécru ont désespéré de votre religion », et ce désespoir se lisait sur leurs visages et dans leurs comportements. Ils cherchaient donc de nouvelles voies pour échapper à ce qui avait été irrévocablement accompli.

Dans la troisième partie de cet exposé, nous avons évoqué le doute des hypocrites concernant l’attribution de Ghadir à un ordre divin. Dans cette quatrième partie, nous abordons la proposition de substituer une autre personne à Ali (paix sur lui).

  1. La proposition de substituer une autre personne à Ali (paix sur lui) [7]

Après l’achèvement du sermon de Ghadir et l’allégeance universelle au Prince des Croyants (paix sur lui), la quatrième méthode employée par les hypocrites pour semer le doute – et qu’ils avancèrent comme une nouvelle manœuvre – fut la question de remplacer Ali (paix sur lui) par une autre personne.

Ils évoquèrent d’abord cette idée entre eux, disant : « Si seulement il nous avait désigné un autre imam que Ali, et qu’il avait mis quelqu’un d’autre à sa place. Nos cœurs ne peuvent absolument pas supporter la wilāya (l’autorité) d’Ali accompagnée de l’obéissance qui lui est due. Demandons au Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) qu’il le remplace pour nous par un autre. Si seulement il n’avait pas fait d’Ali notre imam, ou s’il nous avait fait imams à sa place, ou bien, puisqu’il l’a désigné imam, qu’il le change et nous mette à sa place. »

Puis ils vinrent trouver le Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) et lui soumirent cette demande avec une totale impudence. Leur porte-parole était Muʿādh ibn Jabal, l’un des signataires du pacte (des calomniateurs).

Plus surprenant encore : ils nommèrent explicitement Abou Bakr et Omar comme susceptibles de remplacer Ali (paix sur lui) ! Ainsi fut dévoilé la véritable origine des conspirations.

Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, les gens viennent tout juste d’embrasser l’Islam. Ils n’acceptent pas que la prophétie soit en toi et l’imamat dans ton cousin. Il vaudrait mieux que tu transfères cette fonction à un autre que lui. »

Le Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) répondit : « Je n’ai pas fait cela de mon propre avis, de sorte que j’aie la liberté d’en décider. C’est Dieu qui me l’a ordonné et qui me l’a rendu obligatoire. »

Dieu répondit immédiatement à leur objection par le verset 15 de la sourate Yunus, qu’Il révéla ainsi au Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) :

« Et lorsque Nos versets évidents leur sont récités, ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre disent : “Apporte un Coran autre que celui-ci, ou bien modifie-le.” Dis : “Il ne m’appartient pas de le modifier de mon propre chef ; je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un jour terrible.” »

Ainsi le Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) leur déclara-t-il qu’il n’avait pas le droit de procéder à un tel changement, car il n’avait rien fait de lui-même mais suivait entièrement la révélation, et qu’il craignait le châtiment divin pour la moindre désobéissance dans la proclamation de la wilāya d’Ali (paix sur lui).[8]

Cette manœuvre de sabotage des hypocrites à Ghadir peut également être présentée sous l’angle suivant :

Parmi les stratagèmes imaginés par les hypocrites – menés par les cinq signataires du pacte – après le sermon de Ghadir, dans l’espoir que le Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) l’accepte et que Ghadir soit ainsi neutralisé, figurait la proposition d’abroger la wilāya d’Ali (paix sur lui) et de choisir quelqu’un d’autre à sa place.

D’abord, ils propagèrent : « Si seulement il avait désigné un autre calife que Ali, ou bien, puisque c’est chose faite, qu’il mette quelqu’un d’autre à sa place ! »[9]

Peu à peu, ils changèrent de discours et dirent : « Si seulement il nous avait faits imams à la place de Ali. »

Dans l’étape suivante, ils commencèrent à révéler leurs véritables objectifs et dirent : « S’il plaçait Abou Bakr et Omar à la place d’Ali, alors nous lui obéirions. »[10]

Lisez la suite de cet exposé dans la cinquième partie.

Sources

7- L’événement coranique de Ghadir, p. 141. La profondeur de Ghadir, p. 152.

8- Bihar al-anwar (Les Mers des Lumières), vol. 23, p. 210 ; vol. 36, p. 148 ; vol. 37, p. 160-161. ʿAwālim al-ʿulūm (Les Mondes des Sciences), vol. 3/15, p. 297. Tafsir Furāt (Exégèse de Furāt ibn Ibrāhīm), p. 177. Al-Ṣirāṭ al-mustaqīm (La Voie Droite), vol. 1, p. 314.

9- Tafsir Furāt, p.77.

10- Bihar al-Anwar, vol. 36, p. 148.

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