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La controverse d’Ibn Taymiyya sur un passage du sermon de Ghadir

Ibn Taymiyya a avancé un raisonnement étonnant à propos d’un passage du sermon de Ghadir concernant l’invocation (du’ā’) du Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) en faveur du Prince des Croyants ‘Ali (paix sur lui).

À propos de ce passage du sermon de Ghadir où le Prophète dit : « Et secours celui qui le secourt, et abandonne celui qui l’abandonne », Ibn Taymiyya écrit :[1]

« Ce qui est connu, c’est que l’invocation du Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) est exaucée. Or, l’invocation du Prophète ne fut pas exaucée : les ennemis de Ali (paix sur lui) triomphèrent de lui, et ses alliés furent vaincus. Par conséquent, l’invocation elle‑même doit être mensongère ! »

En réponse, nous disons :

Premièrement : Il semble qu’Ibn Taymiyya n’ait pas prêté attention à la manière dont l’exaucement se réalise.

Dieu Très-Haut dit dans le Coran :

« Nous secourons certes Nos messagers et ceux qui croient, dans la vie présente, et le jour où les témoins se lèveront. » [2]

Compte tenu de ce verset où Dieu promet le secours, comment se fait-il que les mécréants aient tué les prophètes (paix sur eux) et les croyants, leur aient fait subir des sévices, ou aient triomphé d’eux ?

Abraham (paix sur lui), l’un des grands prophètes de Dieu, fut en fin de compte vaincu par Nemrod et exilé de sa patrie ! Comment n’a-t-il pas pu, avec l’aide de Dieu, renverser Nemrod ?

Les gens de la Fosse (Aṣḥāb al-Uḫdūd) ainsi que leur prophète, qui furent jetés dans des fosses remplies de feu pour leur foi en Dieu et qui furent tous brûlés [3], comment furent-ils secourus par Dieu ?

Ainsi, le secours divin ne se limite pas à une victoire matérielle ni à une domination sur l’adversaire.

Deuxièmement : Ibn Taymiyya doit soit admettre que la manière dont Dieu secourt et réalise Sa volonté n’est pas toujours la victoire sur le champ de bataille ni l’anéantissement des ennemis de Dieu, mais qu’elle prend une ou plusieurs autres formes ; soit renoncer à son objection.

Troisièmement : Lorsque l’invocation du Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) est exaucée, elle se transforme en promesse divine, et l’on doit alors considérer la manière dont le secours divin se manifeste.

Il arrive souvent que le secours de Dieu prenne la forme d’une force qui rend le croyant résistant face aux difficultés.

D’après le sermon de Ghadir, les ennemis du Prince des Croyants Ali (paix sur lui) sont les ennemis de Dieu.

Être l’ennemi de Ali (paix sur lui), et par conséquent l’ennemi de Dieu, peut entraîner l’éloignement de la miséricorde divine et de la grâce de Dieu dans ce monde et dans l’au-delà – et c’est là la plus grande des punitions.[4]

Source

  1. Minhājou as-Sunna, vol. 20.
  2. Coran, Sourate Ghafir / 51.
  3. Référence aux versets 4-6 de la sourate al-Buruj.
  4. Brochure l’investigation du noble verset du Perfectionnement (Āyat al-Ikmāl), p. 30.

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