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L’objection selon laquelle le sermon de Ghadir visait à réconforter le Prince des croyants (paix sur lui) et non à établir sa succession !

Certaines sources sunnites prétendent que le sermon de Ghadir était lié à un différend survenu entre Khâlid ibn al-Walîd et le Prince des croyants (paix sur lui), ainsi qu'aux événements ayant eu lieu après leur envoi au Yémen.

Hojjat al-Islâm wal-Muslimîn Muhammad Jafar Tabasî écrit dans un article intitulé « Les altérations de l’événement majeur de Ghadir Khumm au cours de l’histoire » :

L’historien Ibn Ishâq a écrit quelque chose dans sa Sîra (biographie du Prophète) qu’al-Jazarî ash-Shâfi’î (mort en 883 H./1478-1479) a rapporté dans son livre Asnâ al-matâlib :

« Le Messager d’Allah (sur lui la prière et le salut d’Allah) envoya au Yémen le Prince des croyants Ali (paix sur lui) ainsi que Khâlid ibn al-Walîd, qu’il avait désignés comme commandants. Le Prince des croyants Ali (paix sur lui) revint et rencontra le Messager d’Allah (sur lui la prière et le salut d’Allah) à La Mecque pendant le pèlerinage (Hajj).

Certains compagnons du Prince des croyants (paix sur lui) contestèrent sa gestion du butin, provoquèrent une dispute et parlèrent contre lui.

Aussi, lorsque le Messager d’Allah (sur lui la prière et le salut d’Allah) eut achevé le pèlerinage et fut arrivé à l’endroit appelé Ghadir Khumm, il prononça ce sermon pour faire connaître aux gens la valeur du Prince des croyants Ali (paix sur lui) et réfuter les propos des autres à son sujet.

Ainsi, le sermon de Ghadir n’avait aucun lien avec la succession (khilâfa) du Prince des croyants Ali (paix sur lui) ; il a été prononcé pour le réconforter. » [1]

La réalité et la vérité

Première réponse

Ibn Ishâq, qui est à l’origine de cette objection, est une personnalité totalement dépourvue de crédibilité auprès des sunnites eux-mêmes, car des qualificatifs tels que kadhdhâb (menteur), laysa bi hujja (non fiable comme preuve), da’îf (faible), dajjâl (imposteur), mudallis (trompeur) et mubtadi’ (innovateur) ont été rapportés à son sujet.

Il est clair que le terme kadhdhâb (menteur) suffit à lui seul à établir son manque de crédibilité.

Malheureusement, Ibn Ishâq n’a pas mentionné dans son récit que le Messager d’Allah (sur lui la prière et le salut d’Allah) a levé la main du Prince des croyants Ali (paix sur lui) et a dit : « Quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître. »

Deuxième réponse

Le récit d’Ibn Ishâq est dépourvu de toute chaîne de transmission (sanad) fiable, d’autant plus qu’il ne l’a pas rapporté sous forme de musnad (chaîne continue et complète).

Troisième réponse

Ce qu’Ibn Ishâq a prétendu n’est accepté par aucune raison saine. Quelqu’un peut-il accepter que le Messager d’Allah (sur lui la prière et le salut d’Allah) ait fait attendre cent vingt mille personnes, sous une chaleur torride et dans un désert sans eau ni végétation, uniquement pour dire ces choses ?!

Note :

[1] Asnâ al-matâlib, p. 51.

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