L’éminent Ḥojatou al-Islam wal-Muslimine Muhammad Jafar Tabassi écrit dans un article intitulé « Les falsifications du grand événement de Ghadir Khumm au fil de l’histoire » :
Le Qhāḍī ‘Abd al-Jabbār al-Mu‘tazilī (m. 415 H.) a dit que la phrase « Ne suis-je pas plus digne de vous que vous-mêmes ?» prononcée par le Prophète (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) le jour de Ghadir, établit l’obligation d’obéir au Prophète.
Or, si la phrase « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître » implique également l’obéissance au Prince des Croyants (paix sur lui), il en résulterait que l’obéissance au Prince des Croyants se trouverait au même rang que l’obéissance au Messager de Dieu – ce qui serait incompatible avec les croyances des chiites.
En effet, les chiites croient qu’il n’est pas possible d’avoir deux imams en même temps. Par conséquent, l’imamat du Prince des Croyants (paix sur lui) du vivant du Messager de Dieu ne serait pas valide, à plus forte raison.[1]
La vérité et la réalité
Première réponse
Les propos du Ahāḍī ‘Abd al-Jabbār al-Mu‘tazilī relèvent d’un sophisme et d’une confusion entre les sujets, car la question discutée est l’obéissance au Prince des Croyants (paix sur lui) après la disparition du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille), et non pas de son vivant.
Deuxième réponse
L’obéissance au Prince des Croyants Ali (paix sur lui) est identique à l’obéissance au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille). En effet, al-Ḥākim an-Naychabouri a rapporté un hadith où le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) dit :
« Quiconque m’obéit a obéi à Dieu ; quiconque me désobéit a désobéi à Dieu. Quiconque obéit à Ali m’a obéi ; quiconque désobéit à Ali m’a désobéi. » [2]
Outre al-Ḥākim an-Naychabouri, az-Zahabī a également considéré ce hadith comme authentique (sahīh).
Il est clair que lorsque l’obéissance au Prince des Croyants Ali (paix sur lui) est envisagée après la disparition du Messager suprême (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille), il ne reste aucune place pour le doute soulevé par le Qhāḍī ‘Abd al-Jabbār al-Mu‘tazilī.
Sources
[1] Al-Mughnī, p. 154.
[2] Al-Mustadrak, vol. 3, p. 39.