L’un des aspects du miracle coranique réside dans la révélation de versets divins en réaction aux événements et aux accusations dirigées contre la personne du Prophète (Paix sur lui et sur sa famille) et contre les Gens de sa maison. Parmi eux, l’interprétation du noble verset « Wa in yakâdu alladhîna kafarû… » (Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards, quand ils entendent le Coran, ils disent : « Il est certes fou ! ») occupe une place singulière. Ces versets, révélés en réponse à l’infamante accusation de « folie » lancée contre le Prophète (Paix sur lui et sur sa famille) parce qu’il exposait les mérites d’Amîr al-Mu’minîn (paix sur lui), interprètent le terme « dhikr » (Rappel) comme se référant à la personne sacrée de ce dernier.
L’interprétation du verset « Wa in yakâdu » (Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards, quand ils entendent le Coran, ils disent : « Il est certes fou ! ») par l’imam as-Sadiq (paix sur lui)
Des récits, dont notamment celui rapporté par l’imam as-Sadiq (paix sur lui) à Hassan le chamelier, insistent sur le fait que le « dhikr » contenu dans le verset « Wa in yakâdu » désigne la personne même d’Amîr al-Mu’minîn (paix sur lui).
Selon un récit de Ali ibn Ibrahim, lorsque le Prophète de Dieu (Paix sur lui et sur sa famille) exposa devant certains opposants le rang éminent et les vertus d’Amîr al-Mu’minîn (paix sur lui), ces derniers le traitèrent de « fou ». En réponse à cette accusation injuste, Dieu Très-Haut fit descendre dans le Coran le verset « Wa in yakâdu alladhîna kafarû… (Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards, quand ils entendent le Coran, ils disent : « Il est certes fou ! ») » où il est dit : (sourate la plume : verset : 51) [1]
Le récit de Hassan le chamelier : l’étape à Ghadir Khumm
Hassan le chamelier rapporte ainsi les propos de l’imam as-Sadiq (paix sur lui) : « Alors que nous nous rendions de Médine à La Mecque, lorsque nous arrivâmes à la localité de Ghadir Khumm, l’imam (paix sur lui) me dit : “C’est ici même que l’Envoyé de Dieu (Paix sur lui et sur sa famille) prit la main d’Amîr al-Mu’minîn (paix sur lui) et dit : ‘Quiconque a moi pour maître, Ali est son maître.’” »
La moquerie des opposants après la proclamation de la Wilâya
Hassan poursuit : « Du côté droit de la tente se trouvaient quatre hommes de Quraysh (dont l’imam cita les noms). Lorsqu’ils virent le Prophète (Paix sur lui et sur sa famille) lever la main d’Amîr al-Mu’minîn (paix sur lui) – au point que la blancheur de ses aisselles apparut –, ils dirent avec raillerie : “Regardez ses yeux ! Comme ils roulent, tels ceux d’un fou !” Alors Gabriel fit descendre ce verset : ‘Peu s’en faut que ceux qui ont mécru ne te fassent trébucher par leurs regards, lorsqu’ils entendent ce Rappel, et ils disent : “C’est assurément un fou !” Or ce n’est qu’un Rappel pour tout l’univers.’ » [2]
La précision de l’imam as-Sadiq (paix sur lui) sur le sens de « dhikr »
À cet instant, Gabriel, l’esprit fidèle, dit au Prophète (Paix sur lui et sur sa famille) : « Récite : Wa in yakâdu alladhîna kafarû… » Et le Prophète (Paix sur lui et sur sa famille) dit à Gabriel que ce que désignait le « dhikr » dans ce verset était Amîr al-Mu’minîn Ali ibn Abî Tâlib (paix sur lui).
Hassan ajoute : « Je dis à l’imam as-Sadiq (paix sur lui) : “Louange à Dieu d’avoir entendu ces paroles de votre bouche.” »
L’imam as-Sadiq (paix sur lui) lui répondit : « Ô Hassan ! Si tu n’étais pas mon chamelier, jamais je ne t’aurais rapporté ce hadith ; car si tu le rapportais à d’autres, ils ne te croiraient pas. » [3]
Il est également rapporté de l’imam as-Sadiq (paix sur lui) : « Et le dhikr dans ce verset, c’est Amîr al-Mu’minîn Ali ibn Abî Tâlib (paix sur lui). » [4]
Notes :
[1] Bihâr al-Anwar, vol. 22, p. 73 ; Bihâr al-Anwar, vol. 35, p. 394 ; al-Qummî, vol. 2, p. 383 ; Tafsîr Nûr al-Thaqalayn.
[2] Man lâ yahduruhu al-faqîh, vol. 1, p. 230 ; al-Sirât al-mustaqîm, vol. 1, p. 314.
[3] Bihâr al-Anwar, vol. 30, p. 259 ; Bihâr al-Anwar, vol. 37, p. 221 ; Ta’wîl al-âyât al-zâhira, p. 688 ; al-Burhân.
[4] Bihâr al-Anwar, vol. 37, p. 221.